Étude biblique - Victoire sur le serpent

(étude biblique)

VICTOIRE SUR LE SERPENT

par Steve Bohr

L'UN des versets les plus énigmatiques des Saintes Écritures est celui de Genèse 3.15 :  " Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité :  celle-ci t'écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon. ". Que signifie cette mystérieuse déclaration de Dieu au serpent? La réponse se trouve dans une étude attentive du contexte.

Le premier chapitre de la Genèse est le récit de la création. Nous voyons Dieu faire un monde parfait, rempli de vie et de beauté, puis demander à l'homme et à la femme :  " Remplissez la terre, et assujettissez-la; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre. " (Genèse 1.28). L'être humain fut créé pour régner sur la planète Terre.

Dans son état d'innocence originelle, l'homme était nu mais n'en avait point honte (Genèse 2.25), car il était couronné de gloire et de magnificence (Psaume 8.5-8), de même que l'éclat, la magnificence et la lumière enveloppent Dieu (Psaume 104.1,2) et les anges (Matthieu 28.2,3). Afin de conserver son manteau de lumière et sa domination sur la terre, l'homme devait s'abstenir de manger du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. En effet, Dieu avertit Adam et Ève que s'ils en mangeaient, ils mourraient (Genèse 2.15-17).

Lorsque Adam et Ève cédèrent aux tentations de Satan, ce dernier s'empara de la domination de la terre et devint prince de ce monde (Luc 4.5-7 ; Jean 12.31). Nos premiers parents furent aussi privés du glorieux vêtement de lumière dont ils avaient été enveloppés (Romains 3.23) et ils se rendirent compte qu'ils étaient nus (Genèse 3.7). Certains érudits en ont conclu qu'Adam et Ève eurent honte en voyant la nudité l'un de l'autre, mais le texte est clair :  Adam et Ève se cavhèrent aux yeux de Dieu car ils craignaient de se présenter devant lui dans la honte de leur nudité (Genèse 3.8,9). Leurs actions coupables étaient visibles, car " tout est nu et découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte " (Hébreux 4.13). Nos premiers parents étaient coupables de pécher contre un Dieu saint et parfait ; ils savaient bien qu'il n'était pas possible de cacher ce qu'ils avaient fait.

Comment Adam et Ève dissimulèrent-ils leur nudité ? Nous lisons dans Genèse 3.7 qu'ils se firent des ceintures en feuilles de figuier. Ce sont eux qui confectionnèrent ces ceintures et s'en entourèrent. Mais même après s'être couverts des feuilles, ils se sentaient encore nus. Lorsque Dieu demanda à Adam :  " Où es-tu ? ", l'homme lui répondit :  " J'ai entendu ta voix dans le jardin, et j'ai eu peur, parce que je suis nu, et je me suis caché. " (Genèse 3.9-10). Il était évident que les feuilles avaient couvert leurs corps nus, mais ne dissimulaient pas la nudité de leur âme.

Ici, nous devons ouvrir une parenthèse. Dans la Bible, le jugement de Dieu consiste toujours en quatre phases. Le coupable est d'abord convoqué à comparaître devant le tribunal. Puis il y a enquête sur le cas. Ensuite la sentence est rendue, puis finalement exécutée. Ces quatre phases se trouvent dans le récit de Genèse 3. Premièrement, Dieu appelle Adam et Ève pour qu'ils lui rendent des comptes. Il leur demande ensuite s'ils ont mangé du fruit de l'arbre défendu. Plus loin, comme nous allons le voir, Dieu prononce la sentence, puis il l'exécute.

L'imagination la plus féconde ne peut concevoir la terreur que ressentirent nos premiers parents. Ils avaient été vaincus par un ennemi beaucoup plus puissant qu'eux, et ils étaient trop faibles pour recouvrer quoi que ce soit de ce qu'ils avaient perdu. Il est écrit en 2 Pierre 2.19 :  " Chacun est esclave de ce qui a triomphé de lui. ". Adam et Ève étaient les esclaves de l'adversaire de Dieu. L'avertissement du Créateur devait leur résonner aux oreilles :  " Le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement. ". La mort, un insondable mystère. Accablés de sombres pressentiments, Adam et ève comparurent devant le tribunal suprême. Ils s'attendaient à entendre des lèvres de Dieu leur sentence de mort.

Avant de prononcer la sentence contre Adam et Ève, Dieu adressa les paroles de Genèse 3.15 au serpent :  " Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité :  celle-ci t'écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon. ". Ces mots furent adressés au serpent, mais le contexte indique qu'Adam et Ève étaient présents et écoutèrent. Le serpent est dans la Bible le symbole de Satan (Apocalypse 12.7-9) et la femme représente l'Église (Éphésiens 5.25-27). Dieu dit en fait qu'il y aurait lutte entre le serpent et la femme, et entre la descendance du serpent et la descendance de la femme. Les paroles de Dieu étaient un défi lancé à Satan et une promesse de victoire pour Adam et Ève. Le verset montre clairement que l'inimitié ne se manifesterait pas seulement entre Satan et l'Église, mais entre le descendant de la femme et Satan. Et qui est le descendant de la femme ?  Le verset donne plusieurs indications importantes.

1) Ce serait une seule personne :  " Celle-ci t'écraseras la tête, et tu lui blesseras le talon. ". 2) Ce serait un homme, car les pronoms hébreux sont au masculin. 3) Les généalogies de la Bible sont indiquées de père en fils (voir par exemple Genèse 5), mais dans ce cas il est indiqué que la postérité naîtrait d'une femme, sans qu'il intervienne nécessairement un homme. Il est sous-entendu là une naissance virginale de la postérité de la femme.

À l'examen des Écritures, il ne peut subsister aucun doute quant à l'identité de cette postérité. Jésus est le fils né d'une femme (voir Galates 4.4 ; Matthieu 1.16,23) que Satan chercha à tuer dès sa naissance (Apocalypse 12.1-5). L'apôtre Paul indique clairement que la descendance est Christ.

Le verset biblique ne laisse subsister aucun doute quant à l'identité du vainqueur de cette guerre millénaire :  la postérité de la femme, Christ, qui écraserait la tête du serpent (Satan). Dieu disait en fait à Satan :  " Tu arracheras sa domination et son innocence à l'homme, mais je vais envoyer dans le monde mon Fils qui te combattra et t'anéantira. ". Revenons à Genèse 3.

Après avoir parlé au serpent, Dieu prononça la sentence d'Adam et Ève. Il leur dit que le châtiment de leur péché aurait cinq aspects :  la nudité ; 2) le travail à la sueur de leur front ; 3) la terre produisant des épines et des ronces ; 4) la malédiction de la création ; 5) la mort. Nos premiers parents durent éprouver une tristesse infinie. Puis eut lieu dans le jardin d'Éden une cérémonie qui leur donna de l'espoir. Nous lisons dans Genèse 3.21 :  " L'Éternel Dieu fit à Adam et à sa femme des habits de peau, et il les en revêtit. ". Dieu fit les habits. Dieu en revêtit Adam et Ève. L'homme avait cousu des feuilles de figuier pour recouvrir la honte de sa nudité, puis Dieu prit les feuilles et les remplaça par des habits de peau que lui-même avait confectionnés. Comment ? Il n'y a aucun doute qu'un agneau dut mourir (voir Genèse 4.2,4). La mort de l'agneau servit à recouvrir la honte de la nudité humaine. Que voulut enseigner Dieu par ce sacrifice ?

Il est écrit dans la Bible que Christ est l'Agneau immolé dès la création du monde (Apocalypse 13.8 ; 1 Pierre 1.18-20). Dieu avait dit à Adam et Ève qu'ils mourraient le jour où ils mangeraient du fruit défendu. Pourquoi nos premiers parents ne moururent-ils pas le jour même ? La réponse est simple et belle :  il y avait un substitut. La sentence de mort fut imposée ce jour-là. Un agneau mourut à la place de l'homme. Le sacrifice de cet agneau indiquait que Christ, ce même jour, offrit de mourir à la place des coupables. Christ prit sur lui les cinq châtiments que méritait l'homme. Nu, il fut mis en croix. Il sua le sang. Il porta une couronne d'épines. Il subit la malédiction de la loi et il mourut sur la croix. Il subit le châtiment que nous méritions tous. Le prophète Ésaïe écrit :  " Il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités ; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait sa propre voie ; et l'Éternel a fait retomber sur lui l'iniquité de nous tous. " (Ésaïe 53.5,6).

L'image évoquée par Genèse 3.15 est celle d'un homme qui lève le pied pour écraser la tête d'un serpent ; en même temps, le serpent le mord au talon.Quand Christ mourut sur la croix, Satan le mordit au talon, car il lui causa de grandes souffrances. Mais par sa mort, Jésus écrasa la tête de Satan. C'est ce que veut dire l'apôtre Paul dans Hébreux 2.14,15 :  " Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, il y a également participé lui-même, afin que, par la mort, il rende impuissant celui qui avait la puissance de la mort, c'est-à-dire le diable ; ainsi il délivre tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans la servitude. Ironie des ironies, la mort détruit la mort ! Quelques jours avant le Calvaire, Jésus prédit cette défaite de Satan :  " Maintenant a lieu le jugement de ce monde ; maintenant le prince de ce monde sera jeté dehors. Et moi, quand j'aurai été élevé de la terre, j'attirerai tous les hommes à moi. - En parlant ainsi, il indiquait de quelle mort il devait mourir. " (Jean 12.31-33). Le même apôtre décrit dans l'Apocalypse la victoire de Jésus :  " Maintenant le salut est arrivé, ainsi que la puissance, le règne de notre Dieu, et l'autorité de son Christ. " (Apocalypse 12.10). Lorsque Christ mourut sur la croix, il reconquit le royaume que perdirent nos premiers parents. Bientôt ce royaume sera rendu à l'homme (voir Daniel 7.27).

Ses vêtements de lumière seront rendus à l'homme. L'apôtre Jean vit dans le ciel une grande multitude de rachetés, si nombreux qu'il ne pouvait pas les compter. Ils portaient des robes " blanchies dans le sang de l'Agneau " (Apocalypse 7.9-14).

Dieu est incomparable. Avant même de chasser Adam et Ève du jardin d'Éden, il leur promit un Sauveur qui restaurerait le royaume et leur rendrait leurs glorieux vêtements de lumière. Et cette promesse est pour chaque habitant de la planète. Ferez-vous partie des rachetés ? Jésus nous invite à acheter de lui " des vêtements blancs, afin que... la honte de [notre] nudité ne paraisse pas " (Apocalypse 3.18). Notre nudité spirituelle doit être enveloppée du glorieux manteau de la parfaite justice du Christ. Si nous l'acceptons aujourd'hui, il nous entourera de sa lumière éclatante. La décision nous appartient.



 

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Théologie 101 - Symbolisme - Que symbolisent les différentes couleurs dans la Bible ?

Pierre renie Jésus trois fois - Histoire biblique

Pâques - Comment expliquer l’histoire de Pâques aux jeunes enfants