Le voyez-vous ?



Le voyez-vous ?

par Max Lucado

Texte traduit de l'anglais par Pascal Cusson, en 2024





C'EST LA NUIT DE NOËL. LA MAISON EST SILENCIEUSE. Même le crépitement de la cheminée a disparu. Le dernier des chanteurs de Noël est apparu au journal de 22 heures. La dernière part de la tarte aux pommes a été mangée par mon beau-frère. Et les derniers albums de Noël ont été rangés après avoir fait leur interprétation annuelle de châtaignes, de Noëls blancs et de rennes au nez rouge.
C'est la nuit de Noël.
L'heure de minuit a sonné et je devrais dormir, mais je suis éveillé. Je suis tenu éveillé par une pensée stupéfiante. Le monde était différent cette semaine. Il a été temporairement transformé.
La poussière magique de Noël scintillait sur les joues de l'humanité pendant un court laps de temps, nous rappelant ce qui vaut la peine d'être vécu et ce que nous étions censés être. Nous avons oublié notre compulsion à gagner, à courtiser et à faire la guerre. Nous avons rangé nos échelles et nos registres, nous avons raccroché nos chronomètres et nos armes. Nous avons quitté nos pistes de course et nos montagnes russes et nous avons regardé vers l'extérieur, vers l'étoile de Bethléem.
C'est la saison de la joie, car plus que jamais, nous pensons à lui. Plus que jamais, son nom est sur nos lèvres.
Et le résultat ?
Pendant quelques heures précieuses, on le contemple. Le Christ, le Seigneur. Ceux qui passent l'année sans le voir, le voient soudain. Ceux qui ont été habitués à utiliser son nom en vain, s'arrêtent pour l'utiliser en louange. Les yeux, maintenant libérés des œillères de l'égo, s'émerveillent devant sa majesté.
Tout d'un coup, il est partout.
Dans le sourire du policier alors qu'il conduit le fourgon rempli de cadeaux à l'orphelinat.
Dans l'étincelle dans les yeux du serveur taïwanais alors qu'il raconte son prochain voyage de Noël pour voir ses enfants.
Dans l'émotion du père qui est trop reconnaissant pour finir la prière à table.
Il est dans les larmes de la mère alors qu'elle accueille à la maison son fils qui arrive tout juste de l'étranger.
Il est dans le cœur de l'homme qui a passé la matinée de Noël dans la zoner des bas quartiers à distribuer des sandwichs froids et des vœux chaleureux.
Et il est dans le silence solennel de la foule des clients du centre commercial tandis que la chorale de l'école primaire chante "Away in a Manger".
Emmanuel. Il est avec nous. Dieu s'est approché.
C'est la nuit de Noël. Dans quelques heures, le nettoyage va commencer : les lumières seront éteintes, les sapins seront jetés. La taille 36 sera échangée contre la taille 40, le lait de poule sera en vente à moitié prix. Bientôt, la vie redeviendra normale. La générosité de décembre deviendra les paiements de janvier et la magie commencera à s'estomper.
Mais pour le moment, la magie est toujours dans l'air. C'est peut-être pour cela que je suis encore éveillé. Je veux savourer l'esprit un peu plus. Je veux prier pour que ceux qui l'ont vu aujourd'hui le recherchent en août prochain. Et je ne peux m'empêcher de m'attarder sur une pensée fantaisiste : s'il peut faire tant de choses avec des prières si timides et maladroitement offertes en décembre, combien plus pourrait-il faire si nous pensions à lui chaque jour ?
 

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