ACCEPTER

ACCEPTER

      Un concept biblique important, fondamental dans la question du salut -- comment être accepté par Dieu -- et dans les relations humaines: s'accepter l'un l'autre. Dans l'A.T., le mot râtsâh est utilisé une soixantaine de fois dans le sens de recevoir favorablement, agréer, être satisfait, avoir du plaisir (Ps. 44.4; Pro. 3.12; Ésa. 42.1), accueillir aimablement

(Gen. 32.21), donc le contraire de rejeter (Jér. 6.30;7.29), ne pas prendre plaisir en (Mic. 6.7). Il est souvent synonyme de élire, reconnaître, s'occuper de, prendre égard à, chercher. Les sacrifices étaient acceptés lorsqu'ils étaient offerts selon les règles (Lév. 22.27), mais Dieu refusait de les accepter lorsque ses instructions n'étaient pas respectées

(Lév. 7.18;19.7;22.23-25) ou lorsque l'attitude intérieure ne correspondait pas à ce qu'ils symbolisaient (Am. 5.22;

Mal. 1.8,10).

      Le message bouleversant de l'A.T. est: Dieu accepte son peuple tel qu'il est, sans mérites de la part de l'homme. Il l'a élu non parce qu'il serait plus acceptable que d'autres, mais à cause de son libre choix (Deu. 7.7) par pure grâce (Jér. 16;  Os. 13.5); il s'intéresse à chacun en particulier

(Ps. 6.10;8.5;31.8; Ésa. 38.17) et recevra les croyants dans la gloire (Ps. 73.24). C'est pourquoi il peut aussi demander aux bénéficiaires de cette grâce de s'accepter les uns les autres (Lév. 19.18); même les pauvres, les étrangers et les orphelins doivent être acceptés ainsi (Lév. 19.34;25.35).

      Le N.T. utilise une variété de verbes pour exprimer la même notion: dechomai (2 Cor. 8.17;11.4; 1 Thes. 2.13): accepter par décision délibérée, recevoir favorablement ce qui est offert, apodechomai (Act. 2.41;18.27;24.3;28.30): accueillir de tout coeur, pour que l'autre se sente le bienvenu, prosdechomai

(Rom. 16.2; Phil. 2.29) accepter favorablement (se rapporte aux choses futures: les attendre), parfois aussi lambanô (Gal. 2.6). D'autres verbes soulignent l'aspect favorable de l'acceptation lorsqu'ils parlent d'agréer publiquement, reconnaître ouvertement (exomologeô Luc 22.6), exprimer son approbation (epineuô

Act. 18.20), venir devant quelqu'un en accord avec lui (proserchomai 1 Tim. 6.3), consentir à accepter, d'accord avec d'autres, (sunkatatithêmi Luc 23.51), parler avec, exprimer son accord avec (sumphêmi Rom. 7.16), penser favorablement, trouver son plaisir en, approuver (suneudokeô Luc 11.48; Act. 8.1;22.20; Rom. 1.32; 1 Cor. 7.12,13). Le nom apodochê (1 Tim. 1.15;4.9) signifie: digne d'être accepté avec approbation. A mettre en relation avec ces termes, les adjectifs dektos (Luc 4.19;

Act. 10.35; 2 Cor. 6.2): considéré avec faveur; apodektos

(1 Tim. 2.3;5.4): ce qui fait plaisir, est bienvenu: euprosdektos (Rom. 15.16,31; 2 Cor. 8.12; 1 Pi. 2.5) reçu très favorablement; euarestos (Phil. 4.18; Col. 3.20; Tit. 2.9): qui plaît.

      Ces différents termes proclament deux vérités complémentaires: 1. Dieu accepte des pécheurs (Luc 15.2;  Héb. 2.16) indignes de sa grâce (Mt. 22.1-10). L'homme peut accepter cette invitation (Marc 4.20; Jn. 17.8; Act. 2.41;11.1;

1 Cor. 15.1) ou la refuser (Jn. 3.11;5.43; 2 Thes. 2.10). Celui qui l'accepte commence à être transformé (Luc 19.1-10;

Jn. 8.1-11). 2. Nous devons donc nous accepter les uns les autres (Rom. 15.7). Limites de cette acceptation: celui qui refuse d'être repris par l'Église (Mt. 18.17), de changer de conduite

(1 Cor. 5.9-19) ou qui annonce de fausses doctrines dans l'Église (1 Jn. 2.7-11).

      Dieu accepte les pécheurs, mais il refuse de pactiser avec le mal si nous ne voulons pas accepter la grâce qu'il nous offre pour vaincre le péché. Il nous demande d'agir de même avec nos semblables.

 

 

 

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