ABSTINENCE

ABSTINENCE

      Renoncement volontaire à certaines actions, à des aliments ou des boissons, soit parce qu'ils sont mauvais en soi ou interdits par la loi, soit pour plaire à Dieu. Dans le premier cas, l'abstinence doit être totale et permanente, dans le deuxième, elle peut être limitée et temporaire (1 Cor. 7.5). Les premières mentions d'abstinence se trouvent dans Gen. 9.4 et 32.33: elles expliquent pourquoi les Israélites doivent s'abstenir de manger du sang et le tendon de la hanche de tout animal. Lév. 3 confirme l'interdiction de manger du sang  (verset 17) et certaines parties des victimes sacrifiées

(versets 9-11). Lév. 11 ajoutera une liste d'animaux dont l'Israélite devait s'abstenir. Il devait également renoncer à manger des animaux rituellement purs qui n'avaient pas été tués de manière à laisser s'écouler tout le sang qu'ils contenaient (Ex. 22.30 `31`; Deu. 14.21). Une fois par an, au Grand Jour des Expiations (Lév. 16; cf. Zac. 8.19), il s'abstenait de tout aliment (Lév. 16.29,31: humilier son âme était équivalent de jeûner). Il devait évidemment s'abstenir de tout ce qui avait été consacré à des idoles (Ex. 34.15).

      Les Nazaréens s'abstenaient en plus de vin, d'autres boissons fermentées et de raisins durant le temps de leur Naziréat (Nom. 6.3) ainsi que d'autres choses parfaitement légitimes (versets 4-7).

      A l'époque du N.T., les Esséniens et les membres de Qumrân avaient des règles d'abstinence nombreuses et très strictes. Les Juifs jeûnaient souvent (Mt. 6.16-18; Marc 2.18-20). Jésus

lui-même a inauguré son ministère par un jeûne de 40 jours

(Mt. 4.2), mais, dans son enseignement, il n'a attribué aucune valeur propitiatoire aux diverses abstinences; il fut même accusé d'être "un mangeur et un buveur" (Mt. 11.18-19).

      Dans l'Église primitive, l'abstinence demandée aux chrétiens se rapporte essentiellement aux actions et aux pratiques moralement condamnables ainsi qu'à celles qui scandaliseraient des frères plus faibles (Act. 15.20,29;

Rom. 14.1-23; 1 Cor. 6.12;8.1-13; 1 Thes. 5.22; 1 Pi. 2.11). Les abstinences imposées comme pratiques ascétiques par les hérétiques sont considérées comme dénuées de toute valeur

(Col. 2.20-22; 1 Tim. 4.3). Elles sont même dangereuses parce qu'elles ternissent l'oeuvre expiatoire de Jésus-Christ et contribuent à "la satisfaction de la chair" (Col. 2.23),

c'est-à-dire à l'orgueil de ceux qui les accomplissent.

      L'abstinence volontaire d'aliments (Act. 13.12-3;14.23) ou de relations sexuelles (1 Cor. 7.5) se justifie par sa valeur symbolique: les chrétiens manifestent par leur renoncement l'idée que la prière et le service sont plus importants à leurs yeux que les choses auxquelles ils renoncent. Cet "aspect négatif de la spiritualité chrétienne" a été remis en honneur avec ce sens symbolique par certains chrétiens évangéliques du XXe siècle.

 

 

 

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