Théologie 101 - Apologétique - La Bible et la science #2 - LES LIMITES DE LA SCIENCE


Théologie 101 - Apologétique - La Bible et la science #2 - LES LIMITES DE LA SCIENCE

PARBarry BAGGOTT

Texte traduit de l'anglais par Pascal Cusson


Ayant reconnu que la science apporte du bien à l’humanité, il convient de souligner que la science est loin d’être infaillible. Ce qui est aujourd’hui considéré comme une certitude dans les milieux scientifiques peut très bien être rejeté demain à la lumière de nouvelles découvertes.
« Par exemple, en 1861, l’Académie française de la science publia une liste de 51 “faits scientifiques” avec lesquels la Bible semblait se trouver en contradiction. Il reste à constater qu’aucun de ces “faits” n’est plus accepté comme un fait scientifique aujourd’hui ! »2
Il serait totalement naïf de croire que tout ce qui est affirmé par la communauté scientifique aujourd’hui sera toujours admis d’ici vingt ans.
Les erreurs dans la science viennent de plusieurs sources. Il peut y avoir des facteurs dont il faudrait absolument tenir compte mais que les chercheurs ignorent quand ils construisent leurs théories. Il peut y avoir, pour diverses raisons, un manque d’objectivité dans les analyses et les projections – que ce soit dû à des pressions de la part des supérieurs ou des investisseurs, au désir de renom, à la politique, ou au conformisme professionnel. Quand on pense à la crise de la centrale nucléaire de Fukushima, au Japon, on voit facilement pourquoi certains expriment des sentiments de doute et même de trahison à l’égard des scientifiques et des autorités. Le peuple japonais n’a pas accepté la construction de tant de réacteurs nucléaires sans que la communauté scientifique ne l’assure de sa capacité à gérer les risques, surtout dans une zone très active sur le plan sismique. Le séisme et le tsunami du 11 mars 2011 ont démontré que, tragiquement, on n’avait pas calculé correctement ces risques et les mesures prises d’avance étaient insuffisantes. On assiste maintenant à des réactions comme celle-ci sur un blog :
« Permettez-moi d’être un peu sceptique et de vous conseiller d’aller puiser un peu de sagesse et d’expérience dans la littérature. Vous y apprendrez, entre autres choses, que les scientifiques sont des hommes et qu’ils sont faillibles autant que corruptibles. Vous y apprendrez que l’appât du gain, la lâcheté et le goût du pouvoir sont bien plus forts que l’honnêteté, l’éthique et le sens du bien commun. »3
Ce sont parfois des scientifiques eux-mêmes qui reconnaissent avoir des mobiles autres que le désir de connaître la vérité.
« Sir Julian Huxley… était le petit-fils de Thomas Huxley, connu comme “le bouledogue de Darwin”. Sir Julian fut président de l’UNESCO (Organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture) et, probablement, le biologiste évolutionniste le plus célèbre. Je fus stupéfié lorsque je l’entendis dire au cours d’une émission télévisée : “Nous avons tous bondi sur L’origine (entendez : L’origine des espèces, de Darwin) parce que…” Parce que… Qu’est-ce que ce grand scientifique allait donner comme raison ? Pourquoi se sont-ils tous ralliés à l’Origine ? On pouvait valablement supposer qu’il allait finir la phrase en déclarant que c’était parce que les preuves scientifiques si objectivement établies étaient si accablantes et convaincantes que nous étions tous obligés d’admettre sa crédibilité. Mais ce n’est pas ce qu’il dit. Sir Julian déclara : “Nous avons tous bondi sur L’origine parce que la notion de Dieu faisait obstacle à nos mœurs sexuelles.” »4
Il y a donc des limites à la confiance qu’il faut accorder à la science parce que les scientifiques sont tout simplement des hommes, capables de se tromper et capables de perdre leur objectivité. Il y a aussi des réalités que l’on ne peut pas examiner par des méthodes scientifiques.
« Étant donné que la science dépend de l’observation, son domaine se limite au monde matériel de solides, de liquides et de gaz. Elle ne peut traiter que des réalités qu’il est possible de peser, mesurer, toucher, compter et diviser. Elle est “hors de son élément” quand il s’agit de réalités métaphysiques, telles que les valeurs, les réalités spirituelles, et les entités abstraites. Elle ne peut pas traiter de l’amour, la beauté, la loyauté, le courage, la bonté ou d’autres choses de ce genre, alors que ces choses sont quand même réelles… La science ne peut pas déterminer si Dieu existe, ou s’il a créé le monde, ou si l’homme est un être spirituel, ou si l’adultère est immoral. »5
« Il faut insister sur l’impossibilité de prouver scientifiquement une conception quelconque concernant les origines [de l’univers, de la terre, de la vie, de l’homme, etc.]. Ceci est manifeste quand on considère que l’essence de la méthode scientifique, c’est observation expérimentale et la possibilité de reproduire chaque fois les mêmes résultats pour une expérience. Un chercheur scientifique, quelles que soient son habileté et son intelligence, ne peut ni observer ni reproduire les origines [qu’il se propose d’étudier] ! »6
« Il est notoire que les paroles de grands scientifiques ont beaucoup de poids ; mais lorsque ceux-ci se prononcent sur des questions en dehors de leur domaine spécialisé, leurs opinions n’ont souvent pas plus de valeur que celles des autres hommes. Un biologiste qui se permet de nier l’existence de Dieu exprime une opinion, c’est tout. »7
LES SUPPOSÉS CONFLITS ENTRE LA SCIENCE ET LA BIBLE
Beaucoup de gens pensent qu’il y a de nombreuses contradictions entre la Bible et les découvertes de la science. Nous avons déjà indiqué que certains de ces conflits s’expliquent par le fait que les hommes ont parfois traité comme étant des faits scientifiques des idées qui se sont par la suite avérées fausses. Il y a sûrement des conflits entre la Bible et d’autres théories scientifiques qui sont actuellement très populaires, mais qui n’ont pas réellement été prouvées (et qui seront un jour réfutées).
D’autres conflits se rapportent à des choses que la Bible ne dit pas réellement.
« On a cité longtemps en exemple les démêlés de l’astronome Galilée avec l’Église catholique sur le fonctionnement du système solaire… Signalons que ce n’est pas la Bible qui l’a condamné, mais l’Église catholique romaine, puisqu’aucun verset biblique n’affirme que la terre ne tourne pas. »8
On oublie que ces mêmes autorités religieuses ont persécuté avec encore plus de vigueur les hommes qui, à la même époque, traduisaient et diffusaient la Bible en langues modernes.
Que ce soit par l’ignorance ou par mauvaise volonté, les adversaires de la Bible continuent de lui attribuer beaucoup d’idées qu’elle n’enseigne tout simplement pas. Malheureusement, peu de gens essaient de vérifier les déclarations qui sont supposées se trouver dans la Bible. C’est ce que fit un étudiant athée du nom de John Clayton, qui fut désagréablement surpris :
« Je me suis inscrit pour mon premier cours de géologie à l’Université d’Indiana (USA). Le professeur était un athée brillant et célèbre. Le premier jour, en réponse à des remarques faites par un étudiant, il dit : “Je vous montrerai que la Bible n’est que des bêtises,” et je me suis dit : “Ce sera super !…” Il commença par nous montrer les différentes méthodes pour déterminer l’âge des pierres et d’autres objets. Il dit que tout le monde savait que la Bible déclare que la terre est âgée de 6 000 ans. Je lui demandai où elle disait cela. Il répondit qu’il croyait que c’était dans le 52e chapitre de la Genèse. J’ai commencé à fouiller la Bible, ne connaissant pas grand-chose de son contenu – à Genèse 40, Genèse 49, Genèse 50, Exode 1 – J’ai dit : “Attend un instant ; la Genèse n’a que 50 chapitres.” Il bredouilla pendant quelques minutes, mais il ne trouva jamais le passage. Bien sûr, la Bible ne donne pas un âge précis à la terre. Cet homme déclara que, selon la Bible, Dieu fit deux bergers allemands, deux lévriers, deux boxers et ainsi de suite. Nous rîmes en faisant le calcul pour déterminer la capacité nécessaire pour que l’arche de Noé contienne des représentants de tous les 20 millions de catégories de ce genre. Une fois encore, je demandai à savoir où la Bible indiquait qu’elle employait le mot “espèce” de cette manière. Nous cherchâmes et il dit enfin qu’il supposait que le mot “espèce” n’avait pas ce sens dans le contexte de la Bible. Pour résumer une longue histoire, je dis au professeur quand je rendis mes feuilles lors de l’examen final : “Monsieur, vous ne m’avez pas vraiment montré de contradiction entre ce que nous avons étudié et ce que la Bible enseigne.” Il m’arracha mes feuilles en disant : “Bien, je suppose que si l’on regarde de près, il n’y en a pas.” Je fus étonné, épouvanté ! Voici un homme ayant un doctorat, un athée notable, et pourtant il était incapable de répondre à mes petites questions à moi qui n’étais qu’un étudiant ignorant dans sa troisième année et qui étais d’ailleurs de son côté. »9
On dit que selon la Bible, le prophète Jonas fut avalé par une baleine qui le vomit vivant trois jours plus tard ; on dit qu’une telle chose est scientifiquement impossible, puisque, malgré l’immense taille de cet animal, sa gorge est trop resserrée pour lui permettre d’avaler un homme. (Elle serait apte à s’étrangler avec une pamplemousse.) En réalité, la Bible n’appelle pas « baleine » l’animal marin qui avala Jonas ; le texte dit plutôt « un grand poisson ». En fait, le mot « baleine » ne paraît même pas dans la Bible. Pourtant, même si le mot hébreu traduit par « poisson » désigne les baleines également, l’accusation contre la Bible serait toujours fausse : « La science connaît certaines baleines qui sont à même d’avaler un homme et de le garder vivant pendant plusieurs jours. Un exemple est celle connue sous le nom de mégaptère ou Jubarte. »10
Un non-croyant du nom de Dennis McKinsey écrivit un livre qu’il appela L’Encyclopédie des erreurs bibliques. Dans la section intitulée « Fausse science », il énuméra de prétendues contradictions entre la Bible et la science.11 Considérez deux exemples qui, pour McKinsey, étaient parmi les plus convaincants et incontournables. 1) Dieu dit aux Israélites en Lévitique 11.13-19 : « Voici, parmi les oiseaux, ceux que vous aurez en abomination, et dont on ne mangera pas : l’aigle, l’orfraie… la cigogne, le héron et ce qui est de son espèce, la huppe et la chauve-souris. » Or, tout le monde sait aujourd’hui que les chauves-souris, qui n’ont pas de plumes mais plutôt des poils, qui ont des mamelles et qui sont vivipares, ne sont pas des oiseaux mais des mammifères. Selon McKinsey, la Bible a donc clairement commis une erreur. La réponse la plus simple à cette accusation est que la Bible ne classifiait pas les animaux, il y a 3 500 ans, selon notre système moderne de classification. Moïse a divisé les organismes en quelques grandes catégories : « les animaux qui sont sur la terre » (Lév. 11.2-8), les animaux qui sont « dans les eaux » (Lév. 11.9-12), « les oiseaux » (Lév. 11.13-19), et les insectes volants (Lév. 11.20-23). Il ne se servait pas des catégories modernes de mammifères, oiseaux, reptiles, et amphibiens. En fait, le groupe de « animaux qui rampent sur la terre », qui est mentionné plus loin dans le chapitre (vs. 29-30), comporte non seulement des mammifères tels que les souris mais aussi des reptiles tels que les lézards. Il est évident que la Parole de Dieu classifie les animaux selon leurs méthodes de déplacement et leur environnement plutôt que selon la présence de poils, de mamelles, ou d’œufs. En plus, il vaut la peine de remarquer que les chauves-souris se placent à la fin de la liste d’oiseaux et juste avant la liste d’insectes volants, ce qui convient à la seule sorte de « créature volante » qui n’est ni comme les oiseaux ni comme les insectes. Soyons justes, quand même : accuser Dieu ou les auteurs de la Bible de ne pas classifier les animaux correctement parce qu’ils ne suivent pas le système de classification développé par le naturaliste Carl von Linné (1707-1778) ou par un système plus moderne serait équivalent au fait de critiquer d’autres personnes parce qu’elles n’organisent pas leur garde-robe ou n’arrangent pas leurs livres selon votre méthode personnelle. Il s’agit d’un choix qu’on a le droit de faire et non pas d’une erreur.
Un autre exemple « convaincant » tiré de L’Encyclopédie des erreurs bibliques concerne le lièvre : Lévitique 11.6 et Deutéronome 14.7 le qualifient d’un animal qui rumine. Or, selon la définition moderne, un ruminant est un mammifère muni d’un estomac à trois ou à quatre poches qui emmagasinent dans la première poche de l’herbe non mâchée, puis la ramènent sous forme de boulettes dans la bouche, où elle est broyée avant d’être avalée de nouveau pour subir la digestion gastrique. Or, le lièvre n’a pas d’estomac à plusieurs poches et ne ramène pas dans la bouche le contenu de ces poches. Pourquoi donc serait-il appelé par Moïse un animal « qui rumine » ? Il faut d’abord reconnaître que le lièvre au repos à l’air de ruminer, et nous avons tous l’habitude de décrire certaines choses selon leur apparence et non pas selon ce que nous savons être la réalité. Par exemple, même les météorologues disent que le soleil se lève ou se couche à telle heure, bien qu’ils sachent très bien que ce n’est pas un déplacement du soleil que nous observons chaque jour ; ce que nous voyons est dû à la rotation de la terre autour de son axe. Les médecins parlent d’une femme enceinte qui « perd ses eaux » quand ils savent qu’il s’agit de liquide amniotique et non pas de simple H2O. Il est possible que le terme « ruminer » soit employé pour parler des lièvres parce qu’ils ont l’air de mâcher très soigneusement et longuement leur nourriture comme les « vrais ruminants ». Mais la ressemblance va au-delà du fait de mâcher longtemps. En fait, le lièvre produit deux sortes de matières fécales. Quand ils sont au repos, ils font des crottes en forme de boulettes molles qu’ils mangent aussitôt pour continuer la digestion. Quoi qu’il en soit, le mot hébreu « gerah », traduit par « ruminer », apparaît seulement onze fois dans la Bible, et uniquement en Lévitique 11 et Deutéronome 14. Il est donc évident que la définition de l’ancien mot hébreu était plus large que celle du mot français « ruminer ». Il serait injuste d’imposer à un document qui a plus de 3 500 ans des définitions modernes.
Quand on regarde de près et honnêtement les nombreuses « erreurs scientifiques » qu’on prétend avoir relevées dans la Bible, on découvre toujours qu’il s’agit de « faits scientifiques » qui n’ont pas été prouvés (et qui parfois ne pourraient jamais être prouvés par la méthode scientifique) ou de déclarations de la Bible qui n’existent pas ou qui ont été déformées pour signifier ce que les auteurs n’ont jamais voulu dire.

 

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