Théologie 101 - Bibliologie -LA VIE EST-ELLE SANS BUT - Ecclésiaste chapitres 1 et 2 ?
Théologie 101 - Bibliologie -LA VIE EST-ELLE SANS BUT - Ecclésiaste chapitres 1 et 2 ?
AVANT-PROPOS
La littérature du genre hokhmah (hébreu, "sagesse") fut très en honneur parmi
les peuples du Proche-Orient ancien. L'Ecclésiaste compte parmi les livres de
"sagesse" dans la Bible (avec les Psaumes, les Proverbes, Job et le Cantique des
Cantiques).
Ce genre de littérature consiste en préceptes pratiques basé sur une observation
sagace des lois de la nature et des règles du succès dans la vie sociale,
économique et politique. Les "sages" se sont appliqués avec l'aide et la
direction du Saint-Esprit à observer le caractère humain en soi, à analyser sa
conduite, à étudier les conséquences de son action et à asseoir la moralité sur
la base de principes divins et ceux qui sont communs à l'humanité entière.
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INTRODUCTION
Le titre hébraïque de ce livre est qoheleth. Ce mot vient de la racine qahal,
signifiant "convoquer une assemblée", d'où "adresser la parole à une assemblée",
donc "le prédicateur". Le titre grec ecclésiastes convient bien comme
traduction, car il veut aussi dire "prédicateur" et dérive d'ekklésia,
"assemblée".
Le but de l'Ecclésiaste est de convaincre les lecteurs de l'inutilité de toute
sagesse qui ne s'élève pas au-dessus d'un horizon purement humain :
1. Il prononce le verdict "vanité des vanités" sur toute philosophie de la vie
qui considère le monde créé ou le plaisir humain comme une fin en soi.
2. Ayant montré dans la première partie du livre la vanité d'une vie vécue pour
ce monde, l'auteur (Salomon) ouvre la voie à une juste sagesse, qui reconnaît la
personne même de Dieu comme la plus haute de toutes les valeurs.
C'est seulement en tant qu'expression de la sagesse, de la bonté et de la vérité
divines que le monde lui-même possède une signification réelle. Seule l'oeuvre
divine demeure.
Le livre insiste beaucoup sur l'importance de cette vie comme le seul champ
d'activité et de réalisations importantes pour l'homme avant qu'il ne s'en aille
dans l'éternité.
L'Ecclésiaste est une préparation. "Qoheleth" démolit tout autre considération à
part celle d'une soumission à Dieu et à son dessein pour l'être humain "sous le
soleil". Il nous montre, plus fortement que tout autre écrit de l'Ancien
Testament, la nécessité d'une révélation de Dieu en Jésus-Christ.
L'Ecclésiaste est aussi une sorte de portrait autobiographique de son auteur,
Salomon. Salomon se heurte au problème de la source du bonheur. Sa vie et ses
écrits illustrent le fait que l'homme prospère n'est peut-être pas aussi heureux
qu'il semble l'être. Salomon possédait la santé, la richesse, la sagesse ; et
pourtant il cherchait toujours le sens de la vie. Dans ce livre, Salomon
démontre que l'homme qui possède la santé et les richesses n'est pas
obligatoirement heureux pour autant. Salomon possède tout et se demande
pourquoi.
Le récit de Salomon nous conduira à travers des drames saisissants, et nous
obligera à chercher le sens de la vie. Que nous arrive-t-il au moment de la mort
? Vivrons-nous, après ? Notre destin est-il important pour Dieu ? Quelle
attitude adopter vis-à-vis de la prospérité ? A quoi sert la douleur ?
Les paroles de Salomon nous aident à établir des priorités dans les multiples
aspects de la vie, et à garder une bonne perspective.
L'Ecclésiaste nous aidera à comprendre ce qui doit ou non être considéré comme
une crise.
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LA VIE EST-ELLE SANS BUT ?
(Ec 1-2)
Parmi les écrits dits "de sagesse" se trouve le livre de l'Ecclésiaste. Salomon
en est l'auteur, aussi bien que de deux autres livres de Sagesse : le Cantique
des cantiques, et les Proverbes. Selon Ecclésiaste 1.1, Salomon est "fils de
David, roi à Jérusalem".
Qui pourrait être mieux qualifié que Salomon dans son âge avancé, pour écrire
sur le sens de la vie ? Il possédait un don particulier de sagesse, il avait
vécu une vie pleine de pouvoir, de célébrité, de richesses -- d'abord avec Dieu,
puis sans lui .
On néglige souvent ce livre de la Bible, en raison d'un style d'écriture qui
nous est plutôt inconnu de nos jours. Le livre n'est pas facile à lire, car il
aligne parfois des listes de pensées apparemment sans lien dans une succession
décousue. En fait, aucun autre segment des Écritures n'est plus à propos pour
notre époque. Le livre de l'Ecclésiaste tente de répondre à une des plus grandes
questions de la quête humaine pour trouver un sens à la vie : "Qu'est-ce que je
fais là ?"
Si vous ne connaissiez pas déjà la conclusion du livre, vous penseriez peut-être
que le début est complètement négatif. L'auteur semble abattu et frustré par la
vie. Il dépeint la vie comme un poids, le travail comme n'ayant aucune valeur,
et le plaisir comme creux. Le livre examine la vie "sous le soleil", expression
voulant dire la vie de tous les jours. Il dépeint la nature et l'histoire par
des cycles qui se répètent année après année, génération après génération, sans
aucune signification apparente.
Au fur et à mesure que l'essai avance, il devient évident que l'auteur ne parle
pas de la futilité de la vie en général, mais de celle de la vie sans Dieu. Sans
lui, la somme des crédits et des débits de la vie égale zéro.
L'Ecclésiaste n'est pas un livre de cynisme et de désespoir. Dieu n'a jamais
voulu que les gens le laissent en dehors de leur vie. La vie sans Dieu est
futile, pleine de frustrations, et sans aucune signification. Dieu nous a créés
de manière à ce que nous puissions être vraiment heureux, mais seulement en lui.
C'est Dieu qui donne à notre vie sa joie et son intérêt. Le livre de
l'Ecclésiaste nous mène à la conclusion que Dieu ne veut pas que nous trouvions
de la satisfaction dans la vie seule, mais dans la vie vécue en lui.
LA QUESTION : QUEL EST LE BUT DE NOTRE VIE TERRESTRE ?
(1.3-11)
Les générations viennent et s'en vont, mais la terre continue
(1.3-7). Salomon observe que le monde naturel est organisé en cycles : le
soleil se lève et se couche jour après jour ; le vent boucle son cycle du nord
au sud et retour, avec les changements de saisons ; les rivières et les cours
d'eau se déversent constamment dans la mer, et pourtant elle ne déborde jamais.
D'un point de vue humain, tout semble plutôt monotone et sans but.
Les êtres humains eux-mêmes s'épuisent au travail, sans être satisfaits
(1.8-11). Salomon ne peut rien trouver qui l'intéresse vraiment. Rien n'arrive
qui ne soit pas déjà arrivé, l'histoire ne fait que se répéter : << Ce qui a
été, c'est ce qui sera, et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera, il n'y a
rien de nouveau sous le soleil >> (1.9).
Salomon semble penser que les nouvelles réalisations ne changerons rien. Il
écrit :
<< On n'a point souvenir du passé, et ce qui arrivera dans l'avenir ne laissera
pas de souvenir chez ceux qui viendront dans la
suite >> (1.11).
Il se lamente, donc : "Personne ne se souvient de ce que nous avons fait, ni
après notre départ."
A ce point, Salomon examine la vie du point de vue d'un homme sans Dieu.
Certains athées des plus loquaces ont fait preuve d'une optique pareille à la
fin de leur vie. Si les êtres humains n'étaient pas plus que des animaux très
développés, se situant seulement dans l'équilibre de la nature, alors la vie
humaine ne vaudrait pas plus que la vie animale. La valeur et la dignité de la
vie n'auraient alors aucun sens, le labeur et le service seraient des idées
vaines. Vue de cette perspective philosophique, la vie fait dire aux gens : "Il
n'y a aucune raison d'être pur, saint, généreux, ou honnête ! Vivons comme les
animaux, prenons chacun ce qu'il pourra, ne pensons qu'à nous-mêmes ! Cette vie
est tout ce qu'on aura ; il n'existe aucun avenir." Combien de gens vivent avec
de telles attitudes désespérantes aujourd'hui !
LA QUÊTE : QUEL EST LE SENS DE NOTRE VIE SUR LA TERRE ?
(1.12-2.11)
Quelle est la raison de la souffrance de l'homme ? Ceux qui vivent sans Dieu ne
verront que peines et frustration (1.13-18). Salomon dit : << J'ai vu tous les
ouvrages qui se font sous le soleil ; voici que tout est vanité et poursuite du
vent >> (1.14). Ces mêmes personnes ne voient pas le moyen d'empêcher
l'injustice ou de redresser les torts. Ils ne reconnaissent ni la puissance de
Dieu pour changer leur coeur, ni le pouvoir de son jugement pour régler tous les
comptes.
Sur examen de son propre coeur, Salomon ne trouve aucun avantage à la sagesse
humaine. Il se rend compte qu'il est détenteur d'une sagesse et d'une richesse
qui dépassent celles de tout être vivant. Et même cela est pour lui un fardeau,
car ces choses s'accompagnent de responsabilité et de deuil.
Dans sa quête pour le sens de la vie, Salomon essaie tout (2.1-11). Il pense le
trouver dans le plaisir, mais cela ne réussit pas. Le rire devient futile et
sans satisfaction. Ensuite, il essaie la boisson, tout en cherchant à
approfondir sa sagesse. Après cela, il essaie l'amusement, pensant y trouver le
bonheur que les gens cherchent pendant qu'ils sont sur la terre.
Finalement, Salomon essaie de trouver la satisfaction par l'expansion de son
empire. Il fait construire des édifices de toutes sortes, il fait planter des
vignobles, des jardins, des vergers, avec des systèmes d'irrigation. Il devient
propriétaire de toutes sortes de gros et de petit bétail. Il cherche le bonheur
dans l'argent et dans l'accumulation de trésors. Il expérimente les arts
culturels, il organise des choeurs et des joueurs d'instruments. Son empire
devient le plus grand de la terre. Possédant tout ce qu'il peut désirer, Salomon
reste insatisfait.
L'expérience de Salomon dans ses entreprises terrestres reflète les frustrations
de millions de gens de nos jours. Dans cette nuit noire, l'enseignement de Jésus
brille comme un flambeau :
<< Ne vous amassez pas de trésors sur la terre, où les vers et la rouille
détruisent et où les voleurs percent et dérobent, mais amassez des trésors dans
le ciel, où ni les vers ni la rouille ne détruisent, et où les voleurs ne
percent ni ne dérobent >>
(Mt 6.19-20).
L'ANALYSE : CE QUE SALOMON APPREND SUR LA VIE TERRESTRE
(2.12-26)
Salomon décide finalement que la sagesse vaut mieux que la bêtise, tout comme la
lumière vaut mieux que les ténèbres (2.12-16). Le sage qui possède sa vision et
le fou qui marche dans les ténèbres partagent une même fin : ils mourront tous
deux. Salomon en déduit que l'avantage à avoir de la sagesse est bien mince.
Selon lui, les générations futures ne se souviendront pas plus du sage que du
fou. Les deux seront vite oubliés. Ceci indigne Salomon, car la vie ne présente
donc aucune signification. Il est vrai que la vie n'a pas de sens, lorsque nous
la limitons à un séjour terrestre. Si l'homme ne possède pas l'espoir de vivre
avec Dieu, il n'existe pour lui rien de permanent à espérer. Avec le but éternel
devant soi, la vie terrestre devient un terrain d'essai, une préparation pour
l'éternité, comparable à la situation d'un athlète qui s'entraîne, qui se bat
pour jouer dans les grands clubs.
En analysant ses recherches, Salomon décide que cela ne vaut pas la peine
d'amasser une fortune rien que pour la laisser aux autres (2.17-23). Qui sait si
ses héritiers vont être stupides ou sages ? En plus ces héritiers vont dispenser
les fruits de son labeur, sans forcément avoir travaillés un seul jour. Salomon
décide que travailler dur juste pour accumuler des richesses ne peut pas être le
but de la vie. Il lui semble injuste qu'un homme puisse peiner pendant toute sa
vie pour que quelqu'un d'autre profite du fruit de son travail, après sa mort.
Salomon a raison, dans un sens. Ceux qui laissent à leurs enfants de grands
biens financiers ne leur rendent pas un très grand service. Peu de gens savent
manier les richesses terrestres, même après plusieurs années d'expérience. Ceci
est particulièrement vrai si ces gens n'ont pas contribué à gagner ces
richesses. Plus de fils ont été détruits par un héritage trop important que par
un héritage trop petit. Ce qu'on devrait donner aux enfants est la connaissance
et l'occasion de faire leur propre chemin dans la vie. On doit surtout leur
donner la connaissance de Dieu.
A l'origine, Salomon déclare que rien ne vaut mieux que de jouir de ses biens
pendant sa vie (2.24-26). Tout ce pour quoi nous travaillons, tout ce que nous
recevons, vient de la main de Dieu. Dieu donne comme il veut et il ôte comme il
veut. Il sait ce dont nous avons besoin et ce que nous pouvons gérer. Il prend
parfois de l'un pour donner à l'autre, parce que le deuxième sait mieux assumer
la responsabilité du don. Parfois il prend de l'un pour donner à l'autre parce
que le deuxième emploie le don avec plus de sagesse que le premier. Jésus
enseigne cette leçon dans la parabole des talents (Mt 25.14-30).
Dieu s'attend à ce que nous utilisions ce qu'il nous donne pour le glorifier et
l'honorer. Si nous choisissons de retenir ce que nous lui devons, il pourra
choisir de retenir ce qu'il aurait pu nous donner. Ne pas utiliser nos
bénédictions pour son honneur, pourrait avoir comme résultat moins de
bénédictions de sa part.
CONCLUSION
L'analyse que fait Salomon de la vie peut nous aider à mettre notre vie dans la
bonne perspective. Ce qui donne un sens à la vie, ce n'est pas ce que nous
avons, mais comment nous utilisons ce que nous avons. Une vie réussie ne dépend
pas de nos circonstances, mais de ce que nous faisons de nos circonstances. Ce
qui détermine le sens de la vie est la direction qu'elle prend. Les paroles de
Salomon nous aident à diriger nos vies vers Dieu.
Dans la continuation de notre étude du livre de l'Ecclésiaste, nous verrons
comment ce livre essaie de remettre notre vie d'aplomb. Souvent, nos mettons
l'accent là où il ne faut pas le mettre : nous rions alors que nous devrions
pleurer, ou l'inverse ; nous avons peur quand il ne faut pas, et inversement.
Notre monde est tout retourné, et nous y sommes tellement habitués que nous
avons du mal à imaginer les choses comme elles devraient être. Même renversé, le
monde nous paraît normal. Nous souffrons d'un vertige moral et spirituel. Croyez
donc ce que dit Salomon, car il dit la pensée de Dieu !
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